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19 Fév 2021

Niveaux logiques de changement (PNL)

Gregory Bateson (Vers une écologie de l’esprit, 1977) a identifié quatre niveaux fondamentaux d’apprentissage et de changement. Il part du principe que, dans chaque processus d’apprentissage, de changement et de communication, figure une classification hiérarchique et naturelle. Plus tard, Robert Dilts a développé à partir de ces travaux et de ceux d’autres membres de l’école de Palo Alto, un modèle des niveaux logiques (ou neurologiques) de la pensée et leur mécanisme .

A. Pour Dilts (2006, 2008), les niveaux logiques, ou strates, sont au nombre de six. Ces niveaux sont schématisés par Dilts sous forme d’un triangle (ou pyramide) traversé par les objectifs (qui apportent la motivation, le sens : qu’est-ce que je veux ?) et les émotions (positives ou négatives: qu’est- ce que je ressens ?). Ils sont hiérarchisés dans la logique décroissante suivante :

1. Spirituel : 

Cette dimension transpersonnelle est le niveau d’appartenance, qui répond à la question :
« À quel monde je me sens appartenir ? ». J’appartiens à des systèmes, et ces systèmes me contiennent ainsi que d’autres éléments avec lesquels j’ai des points communs et avec lesquels j’interagis. J’appartiens à la communauté des hommes, au règne animal, à la planète Terre… (« Le pattern qui connecte » de Bateson, 1997). C’est ma vision, mon but, ma mission de vie.

2. Identité :

« Qui ? Que suis-je ? » : C’est la perception de notre identité qui organise nos croyances, nos capacités et nos comportements à l’intérieur d’un seul système ou au sein d’un système plus grand. Perception des rôles, du but et de la mission.
C’est la conscience que j’ai de moi-même, responsable de mes actes.

3. Croyances et Valeurs :

Croyances et Valeurs, « Ce que je crois. Pourquoi et pour quoi je fais cela ? » : C’est le niveau des croyances et des valeurs, sur soi, sur les autres ou sur la vie. Mes valeurs me sont toutes personnelles et ne concernent que Moi, mes proches (en qui j’ai confiance) et mon coach (et/ou mon thérapeute). Mes convictions. Ce qui me motive. J’agis en cohérence avec ce qui est important pour moi (valeurs). J’agis, ou je n’agis pas, en fonction de ce que je crois être bien, juste ou mauvais.

4. Capacités :

« Comment ? De quoi suis-je capable et comment je le fais ? » : Ce niveau rend compte, non pas de ce que je fais, mais du comment je le fais. Ce que je sais, ce que je peux, mon savoir-faire. Celui des compétences et de l’organisation. Il est en relation avec les stratégies et les cartes mentales. Nous pouvons sélectionner, changer et adapter toute une catégorie de comportements face à un ensemble plus grand de situations externes. Domaine de développement des capacités cognitives qui représente une fonction des processus du niveau le plus élevé dans le cortex.

5. Comportement :

« Quoi ? Ce que je fais » : C’est le niveau des paroles, des actions et des réactions, réalisées ou non. Ce que je fais dans le cadre de ma fonction. Le système psychomoteur coordonne nos actions physiques et nos mouvements conscients. C’est ce que je fais, mais pas ce que je suis. Je ne peux pas définir une personne par ses actes, d’où le présupposé de la PNL : le comportement n’est pas la personne.

6. Environnement : 

« Ce qui m’entoure : Où, quand et avec qui/quoi et comment ça se passe ? » : C’est le contexte dans lequel nous évoluons : les facteurs extérieurs, mais aussi nos perceptions de l’environnement, nos sensations et nos réflexes. C’est la façon dont je me présente, dont je suis l’ambassadeur de l’organisation pour laquelle je travaille.
C’est-à-dire que selon ma vision, je décide avec mes valeurs d’utiliser mon savoir pour adapter mon comportement
aux défis de l’environnement. À noter que l’environnement dans lequel j’évolue est « déterminé » par un environnement global dont il fait « partie» ou avec lequel il partage des points communs, tels des cercles concentriques.

Ces six strates internes de l’individu construisent son rapport au réel. Chaque niveau fonctionne en intégrant et en
agissant sur le niveau qui est juste en dessous (Dilts , 2008). Dans cette hiérarchisation, c’est le niveau le plus élevé, le niveau méta, qui fournit des informations et module le niveau inférieur. Ces niveaux sont des hiérarchies naturelles d’expériences, dans la structure de notre cerveau, de notre langage, de nos systèmes perceptifs. Quelqu’un peut, par exemple, dire qu’une expérience était négative à un niveau et positive à un autre.
« Selon Dilts, plus une conduite se situe à un niveau inférieur, plus elle est facile à modifier. En revanche, plus elle se situe à un niveau élevé, plus elle donne lieu à des résistances au changement, parce que soumise à des niveaux de plus en plus inconscients. » (Longin, 2006).
Ainsi, un changement de croyance ou de valeur aura un effet sur les capacités et les compétences, puis sur les comportements et l’environnement mis en place. En effet, on peut considérer, par exemple, que la manière dont quelqu’un se définit (ou la religion qu’il pratique) va influencer ses croyances, celles- ci étant à l’origine de sa capacité à agir dans tel ou tel domaine ; ses comportements et attitudes seront donc à leur tour influencés, ce qui déterminera l’impact du sujet sur son environnement.

B. Ces NL permettent au coach d’établir un diagnostic et, partant, situer le niveau auquel il doit coacher son client. Il passe ainsi de l’espace problème à un espace solution.
Dans les exemples ci-dessous, le rôle du coach est essentiellement d’accompagner son client sur chaque niveau logique, en l’invitant à s’associer pleinement à son expérience. Le coach doit calibrer cette immersion du client, avant de changer de niveau. Concrètement, le coach, en utilisant cette procédure, peut accompagner le client en lui demandant de « se déplacer physiquement le long d’un chemin jalonné de traits (…) sur lesquels sont inscrits les 6 niveaux logiques. » (Delivré, 2010). Le client part du contexte (6°) et suit successivement les différentes étapes jusqu’à la dernière (niveau 1°, celui de la spiritualité, de la sagesse, de la mission de vie…). Le coach lui demande d’avancer ou reculer de niveau afin que le client saisisse et intériorise la cohérence globale. Cette matérialisation n’est pas indispensable, mais elle facilite le changement d’état du sujet .

Exemple 1 : Le client fait référence à ses valeurs quand il considère la vente, par exemple, comme une technique peu noble, envahissante. Il lie les comportements observés chez des vendeurs (« le pied dans la porte ») à sa valeur “respect”. Chez ce client vendeur, ce sont les croyances qui posent un problème au départ. Le coach va donc travailler à ce niveau, celui des croyances, et au niveau supérieur, celui de l’identité (Quel est votre rôle ? Qui êtes-vous dans ce cadre?). Une fois le client connecté à ce niveau, le coach pourra redescendre de niveau, provoquer un changement de croyance et agir sur les niveaux inférieurs de la pyramide. Quand le coaché modifie sa croyance sur la vente, il change sa perception et peut alors apprendre de nouvelles compétences, adopter de nouvelles attitudes, etc

Exemple 2 : (avec déplacement physique d’un niveau à un autre) : Cas de confusion ou de non visualisation de l’objectif :

Niveau 6 – Le coach et son client se placent ensemble dans la zone marquée « Environnement ». Le coach questionne le client et ce dernier décrit les caractéristiques de la situation présente ou de la situation souhaitée : Où cela se passe-t-il ? Quand ? As-tu des contraintes ? Des opportunités ? Où doit se passer ton objectif ? Avec qui ? À partir de quand ?

Niveau 5 – Espace « Comportement » : Que fais-tu pour le moment ? Quels comportements souhaites-tu installer pour ton objectif ? Que vas-tu faire ? Si tu te voyais faire dans le futur, que verrais-tu ?

Niveau 4 – Espace « Capacité » : De quoi as-tu besoin pour mettre en place ce nouveau comportement ? Qu’as-tu déjà à ta disposition pour cela ? Qu’est-ce qui te rendrait plus facile ou plus efficace le changement ? Quelles sont les compétences requises ?

Niveau 3 – Espace « Valeur Croyance » : Pourquoi veux-tu atteindre cet objectif ? En cet objectif, qu’est-ce que tu crois juste, ou vrai ? Qu’est-ce qui est important pour toi ? Qu’est-ce qui te motive dans ce projet ?

Niveau 2 – Espace « Identité » : Qui es-tu pour accomplir cette tâche ? Qui es-tu pour manifester cette motivation d’obtenir cette capacité pour obtenir ce comportement dans ce contexte-là ? Quel est ton rôle ? Métaphore de toi-même ? Fin optionnelle de la montée : le niveau suivant est parcouru seulement si le sujet s’y reconnait, et s’il en a manifesté le désir.

Niveau 1 – Espace « Spirituel Transpersonnel » : As-tu une vision à partager lorsque tu vises cet objectif ? Dans ce projet, participes-tu à une entreprise plus vaste que toi ? Quel est le sens de cela ? Fais- tu référence à quelque chose de supérieur à toi ?

1.Souvent, lorsqu’un sujet est bloqué à un niveau logique, il peut être utile de chercher la solution à un niveau supérieur. Mais le contraire n’est pas automatique : un changement dans un niveau inférieur n’amène pas nécessairement de changement à un niveau supérieur.

2. Ce modèle a permis de classer tous les outils PNL en fonction du niveau où ils interviennent .

3. La grille NL, en tant que méthode ou concept opératoire, peut, à travers les alignements et les cohérences induites,
inspirer largement la Métacommunication lors d’une Méconnaissance, voire lors d’une Dissonance Cognitive. Le coach pourra vérifier l’alignement personnel, par exemple celui des actions avec les valeurs et croyances, localiser le niveau de confusion et à partir de là procéder au”déconfusionnement” afin d’aligner les niveaux. Le coach pourra également faire le lien avec la Colonne Vertébrale des Identités (CVI), les Niveaux de Sens… dont les niveaux logiques constituent la toile de fond. Le coach aide ainsi son client à aligner ses niveaux logiques. Cela signifie qu’il l’aide à devenir plus cohérent, à actualiser le sens de son identité, à clarifier ses valeurs et ses croyances et leurs impacts par rapport à l’objectif souhaité.

4.Plusieurs techniques sont liées au modèle des niveaux logiques comme, par exemple :

– L’alignement qui est destiné à mettre plus de cohérence entre les actions et l’identité,

– Les processus de motivation pour trouver du sens aux objectifs fixés ou au contraire y mettre plus de contraintes,

– Le moi secure utilisé pour développer la conscience positive et stable de soi-même,

– le re-imprinting enfin, pour réparer des événements du passé.

5.Au travail, les feedbacks ne peuvent s’opérer qu’aux niveaux inférieurs, et le plus souvent au niveau du comportement, donc de ce qui est visible par les autres. Selon l’AT, il faut être OK pour recevoir un feedback de façon OK. Le feedback devient alors nourrissant et permet d’évoluer et dépasser la confusion.

Extrait de l’ouvrage : « Le dictionnaire du coach global », M. Rachid Belhadj,
Editions Precom, 2014

Mr. Mohammed Rachid BELHADJ
Coach Professionnel certifié, Formateur & Consultant, Ex-DG de grandes entreprises

Article du magazine « AIGLE »7ème édition

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