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03 Juin 2020

Le stress vu par l’analyse transactionnelle

Qu’appelle-t-on « STRESS » ?
Voilà un mot très souvent utilisé, mais, que voulons-nous dire quand nous nous disons « stressés » ? Chacun d’entre nous a déjà fait l’expérience de l’obligation de nous adapter à ce qui fait partie de notre vie : la perte d’un proche, les relations difficiles avec les autres, la solitude, les petites contrariétés quotidiennes, le rythme de vie accéléré, les pressions professionnelles, l’environnement extérieur et dernièrement le confinement… et face à toutes ces ‘adaptations’ nous épuisons notre énergie, nous nous usons, nous tirons sur la corde et parfois nous “craquons” !

Larousse nous définit le stress comme un « Ensemble de perturbations biologiques et psychiques provoquées par une agression quelconque sur un organisme » 

Quant à l’Agence Européenne pour la santé et la sécurité au travail « le stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception que l’on a des contraintes imposées par l’environnement et celle de ses propres ressources pour y faire face » 

Le stress est donc une réaction (« réponse ») inévitable d’adaptation, propre à chacun de nous, face à tout événement nouveau de l’existence et celui-ci s’exprime sur le mode physique, biologique, émotionnel, cognitif et comportemental ; et parfois, nous considérons qu’à priori ces réactions sont normales face à une situation alors qu’elles ne le sont pas.
Au niveau physique / biologique les personnes peuvent se plaindre : de fatigue, insomnie, cauchemars, problèmes de mémoire/de concentration, hyper vigilance, plaintes psychosomatiques, prise ou perte de poids…

Parfois des « Conséquences graves » peuvent survenir à la suite de réactions de stress intenses, prolongées ou répétées. Celles-ci peuvent toucher le caractère d’une personne et amener à des changements de personnalité caractéristiques, mais également atteindre un niveau pathologique lorsque la personne ne parvient plus à « l’adaptation ». Nous disons à ce moment-là que la personne « craque ».

L’Analyste Transactionnel n’interviendra sur aucun de ces plans-là, il orientera la personne vers un professionnel et s’assurera qu’un suivi médical est effectif. Par contre, lorsqu’il s’agit de s’occuper de la manière dont la personne vit la situation concernée, au niveau de ses raisonnements, ses émotions et ses comportements son intervention peut devenir particulièrement efficace.

AVEC QUELS CONCEPTS L’ANALYSTE TRANSACTIONNEL va-t-il travailler ?

Les Etats du Moi
Il peut s’appuyer sur ce concept dans sa dimension Parent, Adulte et Enfant. En effet, « Un état du Moi est un ensemble cohérent de pensées et de sentiments directement associé à un ensemble correspondant de comportements ». Ainsi, lorsque la personne est face à un « stresseur » elle est en contact avec des sentiments et des pensées et elle manifeste des comportements, la question sera donc : quel Etat du Moi est aux commandes ? quel est celui qui s’exprime ? utilise-t-elle l’objectivité de son Adulte ou pas ?

Face à tout stresseur, de manière schématique, on peut décrire la séquence suivante :

ÉVÉNEMENT STRESSANT ÉMOTION COMPORTEMENT

L’apparition d’une émotion créant une charge, l’énergie va avoir besoin de se décharger avec l’Etat du Moi Enfant.

La peur vide l’énergie, la personne crie ou active le mécanisme de fuite. Si la personne n’est pas aidée sa peur demeure et s’exprimera par des rêves ou des cauchemars.
La tristesse s’exprime par des larmes. Une longue tristesse affaiblit le système immunologique et si la personne n’apprend pas à dire un réel au-revoir, il n’y a pas d’attachement nouveau possible.

La colère est impatiente de sortir. Si la personne la retient elle va rester jusqu’à se décharger souvent de manière inappropriée ou bien la personne peut « exploser » sans être maître de son comportement et/ou de ses paroles.

Une grande joie est stressante pour certains ! Et même si cela paraît surprenant, nous observons que certaines personnes ne savent pas comment se comporter face à la joie. Elle ne doit pas rester ‘bloquée’, elle doit pouvoir se partager.

L’Analyste Transactionnel observera si l’émotion exprimée (« authentique ») est bien en lien avec la situation stressante ou si une autre émotion (« parasite » ») a pris sa place, dans ce cas, celle-ci ne sera pas appropriée pour résoudre le stress. Nous avons tous été éduqués à contrôler certaines émotions, voire à les ‘gommer’ pour les remplacer par d’autres bien acceptées dans notre famille.

Un autre Etat du Moi serait intéressant à observer : le Parent. Nous avons grandi dans un environnement avec un cadre de référence, des opinions sur les situations rencontrées ainsi que des préjugés. Par réflexe de protection chaque personne peut déformer la réalité en mettant des « filtres » pour protéger le cadre qui la rassure … Le comportement à ce moment-là ne sera sans doute pas en cohérence avec le stress d’origine.

Que faire avec ce concept ?
Il s’agira donc d’accompagner la personne pour qu’elle utilise l’objectivité de son Adulte : en effet, une personne arrivée à la maturité est pleinement capable de réagir de manière active, spontanément et émotionnellement, face à la réalité actuelle. Le travail sera orienté vers l’analyse de la situation telle qu’elle est : relativiser, mieux interpréter les situations, utiliser ses ressources.

Les Drivers
Taïbi Kahler a identifié cinq petites voix intérieures : « messages inhibiteur du comportement libre de l’Enfant » les Drivers. Ces petites voix, à qui il a donné un nom, sont celles que nos figures parentales ont répétées dans un but initial de protection, nous délivrant ainsi des conseils pour nous aider dans la vie. Elles nous parlent ainsi : « Sois comme ceci ou fais comme cela, sinon… ». Nous voilà donc équipés de stratégies comportementales ‘réflexes’ pour faire face à des situations émotionnellement intenses.
♦ Dépêche-Toi : se précipite dans l’action.
♦ Fais Effort : complexifie la situation.
♦ Fais Plaisir : fait passer les autres en priorité.
♦ Sois Fort : ne compte que sur lui.
 Sois Parfait : passe son temps à tout contrôler.

Que faire avec ce concept ?
Le Driver étant basé sur un mécanisme comportemental réflexe, il s’enclenche de manière automatique et non consciente, en conséquence, il s’agira d’analyser avec la personne la situation en s’aidant de la clé de lecture des Drivers : « Qu’est-ce qui m’a poussé à agir ainsi ? ». Puis d’aider la personne à ne plus ‘subir’ son Driver : prendre son temps, réussir, s’occuper de soi, demander de l’aide, accepter les erreurs.

EN CONCLUSION, SI NOUS VOULONS AIDER
Pour Claude Steiner, la compréhension et la maitrise de nos comportements est un « processus propre à l’état du moi Adulte », tout commencera donc par un Contrat, un contrat pour un comportement nouveau. L’avantage serait d’agir au plus tôt pour améliorer la situation et se protéger en situation de crise. La personne sera aidée dans l’expression des pensées et des sentiments, et soutenue dans ses nouveaux comportements.

PRÉCAUTIONS
♦ Accepter le cadre de référence de chacun.
♦ Accepter le niveau de développement des personnes.
♦ Ne pas bloquer l’expression de la peur.

Mme. Christine CHEVALIER
TSTA O/C.
Consultante, coach et formatrice depuis 30ans
Présidente de la Commission de Certification de l’EATA.

Article du magazine « AIGLE », 4ème édition