fbpx

24 Juin 2020

Le changement organisationnel : un regard psychologique

C’est une notion complexe et polymorphe qui représente des transformations plus ou moins importantes. Donc, différente de la « simple » évolution quotidienne et naturelle. Il y a changement lorsqu’il se produit une rupture nécessitant un travail d’apprentissage et de reconfiguration de l’état existant.

Parmi les mythes qui accompagnent souvent les managers lors des changements celui, qui stipule qu’il suffit d’expliquer, de convaincre ses collaborateurs pour qu’ils changent ou adoptent rapidement le changement ! Ou encore, qu’un changement bien préparé se fait sans douleur !Enfin, celui qui veut que seuls les moins doués… n’arrivent pas à s’y adapter !

Des dizaines d’études en gestion, en psychologie, ou en sociologie ainsi que les feedbacks de brillants managers opérationnels et d’autres consultants de renom, attestent de la difficulté du processus du changement.

D’un point de vue méthodologique, l’analyse peut porter sur le niveau individuel (traits de personnalité et les 5 phases du changement), puis sur la qualité de l’interpersonnel, sur le niveau organisationnel (management, communication et histoire sociale notamment), celui de la conjoncture économique et enfin sociopolitique (du pays ou au moins de la région, voire ville où baigne l’institution traversée par le dit changement).

On peut dire actuellement, qu’il y a une science du changement qui est multidisciplinaire qui mériterait d’être partagée et qui ne peut loin de là, s’acquérir en assistant à un simple séminaire même animé par le plus brillant des consultants. Comme dans tous les domaines où un transfert de compétences est nécessaire, un accompagnement d’expert est souvent nécessaire après la phase de sensibilisation par une action de formation.

L’expérience montre qu’il s’agit d’un long processus d’apprentissage toujours actualisable et jamais acquis définitivement : un soubresaut imprévu d’un seul des niveaux d’analyse cités plus haut accompagné d’une simple action ou inaction pourraient avoir de graves conséquences sur l’organisation, et parfois bien au-delà de celle-ci notamment quand ça concerne les grands systèmes sociotechniques, comme l’aéronautique, le nucléaire et d’autres industries sensibles.

Dr. Youssef Bougrine.
Docteur, Psychologue et Consultant en « Risques psychosociaux ».

Article du magazine « AIGLE », 1ère édition

shares