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01 Juin 2020

Syndrome de Brown-Out au travail

Comment y faire face ?

  1. Après le burn-out et le bore-out, on parle aujourd’hui de brown-out. De quoi s’agit-il au juste ?

Le champ de la psychopathologie s’est enrichi ces dernières années par de nouveaux vocables en relation avec le monde de travail. Il s’agit du :

  • Bore-out : c’est le terme choisi, en 2007, par 2 consultants  américains, Peter Werder et Philippe Rothlin, dans « diagnose boreout », pour qualifier les situations d’épuisement professionnel causées par de l’ennui à son poste.
  • Brown-out, concept théorisé par les 2 chercheurs britannique et suédois, André spicer et Mats Alvesson, dans leur ouvrage « the stupidity paradox », dans lequel ils se sont fondés sur les recherches de l’anthropologue américain David Graeber qui dénonçait les multiplications de « bullshit jobs » en 2013.

Littéralement, brown-out signifie « perte de courant », il s’agit donc d’un épuisement professionnel suite à une perte de sens de son activité.

  • Qu’est ce qui peut causer un tel syndrome et peut-on en détecter les signes avant-coureurs chez le collaborateur ?

Il est important de noter au niveau des Risques Psychosociaux (RPS), que l’ensemble de ces pathologies susmentionnées sont inextricablement liées au stress au travail.

Je reviens aux travaux de P.Légeron (2001, 2004) qui précisent que le stress au travail peut être lié :

  • Au contexte de travail : changements organisationnels, incertitudes, conflits de rôles…
  • Au contenu du travail : sous-utilisation des compétences, sur ou sous-charge de travail, pression sur les délais, sentiment de responsabilité face à son travail ;
  • Aux difficultés relationnelles avec la hiérarchie, les pairs..

Le burn-out survient quand on souffre d’un stress excessif, généralement pendant une longue période, et qui conduit à un état extrême de saturation physique et émotionnelle.

A mon sens, c’est au niveau des facteurs de stress ci-dessus où il faudrait chercher la source du :

  • Bore-out : quand on se retrouve avec une sous-charge de travail
    • Brown-out : quand le contenu du travail perd son intérêt aux yeux de la personne, et ce pour différentes raisons : absence de challenges et de stimulations intellectuelles, un désalignement par rapport à ses propres valeurs ou vocation, voire une contradiction entre les tâches assignées et son éthique personnelle.

Ceci dit, les signes peuvent être très disparates ; Loin de la pathologie, de cas de personnes qui connaissent et acceptent leurs limites et prennent, de façon délibérée, une demande de changement de poste ou une décision de démission…aux cas situés au cœur de la souffrance psychique, où la lutte contre le désintérêt de son travail prend la forme d’une réelle crise existentielle, menant vers une maladie dépressive ou même vers une tentative de suicide.

  • Comment faire face à ce malaise que ce soit du côté du collaborateur ou de l’entreprise ? qu’en est-il de la prévention ?

Le contexte où évoluent nos organisations est très délicat. Nous y assistons à une accélération des rythmes de travail, à un excès de situations de dépassement et d’hyperactivité…ce « culte de l’urgence » selon l’expression de Nicole Aubert a pour conséquence inévitable : une déconnexion par rapport à ses propres besoins et aspirations.

C’est une réalité qui s’impose ainsi à nos managers, qui ne peuvent plus passer à côté des besoins, exprimés ou latents, de leurs équipes. Etre à l’écoute de ses collaborateurs me paraît une responsabilité sociale de nos managers, pour plus d’épanouissement et l’accomplissement au travail, et loin d’une vision utilitariste qui fait de l’homme un rouage au service d’une course effrénée vers la performance.

  • Vos conseils.

Le travail constitue une source majeure de sens dans la vie, car il nous permet d’assouvir des besoins existentiels : lien social, utilité, expression de ses capacités et de son identité…

Je recommande dans ce cadre de :

  • Prendre régulièrement du temps pour soi : afin de se reconnecter à son Soi profond, redécouvrir ses besoins, revisiter l’équilibre de ses domaines de vie, et se poser les bonnes questions afin d’avancer paisiblement vers le sens de ses objectifs.
  • Demander de l’aide quand il le faut : quand la souffrance surgit et qu’il y’a décalage entre ce que nous sommes et ce que nous vivons, c’est un pas gagnant de demander de l’aide d’un spécialiste compétent qui accompagnera la personne vers une reconquête de soi.

Mme. Hafssa EL BAKKALI
Responsable Développement-Associée
Coach Personnel et Professionnel

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