Deprecated: Unparenthesized `a ? b : c ? d : e` is deprecated. Use either `(a ? b : c) ? d : e` or `a ? b : (c ? d : e)` in /home/horizonr/public_html/wp-content/plugins/wp-super-popup/wp-super-popup.php on line 156

Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /home/horizonr/public_html/wp-content/plugins/wp-super-popup/wp-super-popup.php:156) in /home/horizonr/public_html/wp-includes/feed-rss2.php on line 8
Archives des cognitif - Horizon RH https://www.horizonrh.ma/tag/cognitif/ Horizon Ressources Humaines Fri, 30 Oct 2020 11:56:48 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://www.horizonrh.ma/wp-content/uploads/2020/06/cropped-hrhicon-1-32x32.png Archives des cognitif - Horizon RH https://www.horizonrh.ma/tag/cognitif/ 32 32 Heuristiques et biais cognitifs au service du coaching https://www.horizonrh.ma/2020/10/31/heuristiques-et-biais-cognitifs-au-service-du-coaching-3/ Sat, 31 Oct 2020 09:00:00 +0000 https://www.horizonrh.ma/?p=3398 Nous avons vu dans le précédent numéro d’AIGLE (N°5), et toujours dans le cadre de la Partie 2 de cet article, que le Besoin de Donner Sens peut nous conduire […]

L’article Heuristiques et biais cognitifs au service du coaching est apparu en premier sur Horizon RH.

]]>
Nous avons vu dans le précédent numéro d’AIGLE (N°5), et toujours dans le cadre de la Partie 2 de cet article, que le Besoin de Donner Sens peut nous conduire à attribuer de la Signification même à l’Aléatoire, en recourant, par exemple, à des corrélations illusoires nous donnant ainsi une illusion de contrôle. Nous poursuivons dans le présent numéro la présentation d’autres biais liés à une autre grande illusion, celle de croire lire dans les pensées des autres.

PARTIE 2 : BESOIN DE DONNER DU SENS (suite)

2°- CROIRE SAVOIR CE QUE LES AUTRES PENSENT

Vivant en communauté, nous supposons que les autres pensent et agissent comme nous. Et par conséquent, nous croyons deviner ce que les autres savent et même « lire » leurs intentions. Notre cerveau a besoin de comprendre la signification du comportement de l’autre pour nous réconforter dans notre position.

2.1- Lecture de pensée

Croire pouvoir lire « dans la tête » des autres ou croire savoir ce que les autres pensent. Cette illusion de transparence nous fait croire que nous « devinons » ou interprétons ce que nous croyons que l’autre pense (sait ou sent) à partir d’éléments subjectifs que nous qualifions, bien entendu, d’objectifs. N’étant pas télépathes, ce biais, fréquent au sein des couples, peut nous conduire à des erreurs d’interprétation, donc à des malentendus, voire à de la souffrance. Elle peut prendre la forme d’une inférence arbitraire qui « déforme » la situation pour la faire coïncider avec notre cadre de perception.

Exemple d’illusion de transparence : « Je sais ce que tu penses », « Tu n’as pas besoin de le dire, je le devine ».

Exemple d’indifférence arbitraire : « J’arrive au travail, mon chef ne me dit pas bonjour, j’en déduis (c’est là une distorsion) qu’il est en colère contre moi… », « Il se moque de moi. », « Elle ne m’aime pas. », etc.

Explication : Ce mécanisme de distorsion est une projection sans vérification qui impacte sérieusement notre jugement et nos relations. Elle peut prendre la forme d’une inférence arbitraire qui « déforme » la situation pour la faire coïncider avec notre cadre de perception. Ainsi, à un comportement « incompréhensible » nous attribuons un sens « connu », une explication qui nous rassure ou qui maintient notre position. Une variante :l’Illusion de Connaissance Asymétrique.

Antidote: Chercher la source de l’information ou sa validation, prendre conscience que nous pouvons être dans l’erreur.
Explorer la possibilité que « ce que je pense est peut-être faux. » Car il y a toujours d’autres hypothèses explicatives.

2.2- L’Illusion de Connaissance Asymétrique :

C’est un biais cognitif par lequel les gens perçoivent que leur connaissance des autres est « supérieure » à la connaissance que ceux-ci ont sur eux-mêmes. Pour Pronin (2007) cette attitude consiste à être convaincu de sa propre perspicacité à deviner les intentions des autres tout en étant convaincu de son opacité aux yeux des autres.
Exemple: Combien de fois avons-nous entendu : « Je te connais mieux que tu ne te connais. » ou « Vous ne me connaissez pas, mais moi je vous connais. »
Commentaire: Une étude de Pronin et al. (2002) révèle que les gens semblent croire qu’ils se connaissent mieux que leurs pairs ne les connaissent.
Ou que leur groupe social A connaît mieux les autres groupes B que les autres groupes B connaissent le groupe A. Ce biais, qui nous renvoie à l’Erreur Fondamentale d’Attribution (voir plus loin) constitue un obstacle au dénouement des conflits.
Antidote : Prendre conscience que le jugement que nous portons sur les autres n’a aucune raison d’être plus juste (ou plus précis) que celui que les autres portent sur nous. En tant qu’humains volubiles et complexes, nous nous basons sur une approximation partielle du réel et, par nature, nous n’avons pas accès aux motivations profondes de nos interlocuteurs.
D’où l’importance de nous baser, non sur ce que les uns disent des autres, mais nous baser sur leurs actes.
À noter que ce biais cognitif est une variante du Biais de Lecture de Pensée.

2.3- Biais (ou Effet) de Faux Consensus :

Nous présupposons que les autres sont d’accord avec nous et que nous partageons les mêmes croyances. Pour les psychologues, ce biais est une tendance égocentrique qui nous amène à évaluer la conduite des autres à partir de notre propre attitude. Ce biais est amplifié par un entourage constitué de personnes qui nous ressemblent (milieu d’origine, expérience
professionnelle, etc.).

Ce faisant, les individus sous-estiment les positions contraires. Le système des croyances et l’estime de soi se sentent ainsi renforcés par cette illusion de consensus. Cette surestimation pousse les gens à changer (adapter) rapidement leurs propres opinions pour apparaître plus en phase avec les autres.
Exemple: Ce biais de surestimation peut être observé dans des groupes fermés partageant les mêmes croyances politiques, religieuses, etc. d’où sont exclues les divergences.
Ainsi, ces groupes peuvent avoir l’impression que tout le monde pense de la même façon.
Explication: Ce biais pourrait être expliqué par le désir de se conformer au groupe et d’être aimé par les autres. D’où la propension naturelle des individus à s’entourer de personnes avec lesquelles ils partagent des points communs.
Mais l’incertitude et la carence d’informations contribuent également à expliquer ce phénomène. Ces éléments peuvent expliquer, par exemple,
les croyances des fondamentalistes qui ont tendance à surestimer le nombre de leurs supporters par rapport à la réalité.
Remarque: Cette croyance est renforcée par l’Heuristique de Disponibilité, le Biais de Confirmation et/ou par le Biais de Perception Sélective. Ce biais est voisin du Biais de Conformisme et de la Lecture de Pensée.

Antidote : Le doute méthodique et l’ouverture sur la diversité sont des voies à explorer. À l’instar des biais similaires, ne pas se voir comme « déviant » si on ne se conforme pas à la norme, mais plutôt comme « minoritaire actif » qui participe à l’équilibre du groupe dans sa diversité.

La suite de cette Partie 2 dans le numéro prochain, où :

  • Nous continuerons à étudier les formes que prend notre cerveau pour nous tromper dans nos saisonnements et jugements
  •  Et citerons quelques biais en relation avec notre Besoin de chercher des liens de causalité à tout prix.

En attendant, cherchez, lisez et analysez dans un esprit critique !

M. Mohammed Rachid BELHADJ
Coach Professionnel certifié,
Formateur & Consultant,
Ex-DG de grandes entreprises.

Article du magazine « AIGLE », 6ème édition


L’article Heuristiques et biais cognitifs au service du coaching est apparu en premier sur Horizon RH.

]]>
Heuristique et biais cognitifs au service du coaching https://www.horizonrh.ma/2020/10/26/heuristique-et-biais-cognitifs-au-service-du-coaching/ Mon, 26 Oct 2020 11:33:22 +0000 https://www.horizonrh.ma/?p=3295 Dans un souci didactique je me suis inspiré, dans le présent article, principalement de Buster Benson, auteur du Petit guide exhaustif des biais cognitifs,du fameux livre de Daniel Kahneman, Système […]

L’article Heuristique et biais cognitifs au service du coaching est apparu en premier sur Horizon RH.

]]>
Dans un souci didactique je me suis inspiré, dans le présent article, principalement de Buster Benson, auteur du Petit guide exhaustif des biais cognitifs,du fameux livre de Daniel Kahneman, Système 1 et Système 2, et d’autres références que je citerai au fur et à mesure, et à la fin de l’article.

L’hypothèse défendue ici est la suivante: Si les Heuristiques expliquent en grande partie le« pourquoi>> des croyances, les Biais Cognit if s, en tant que Heuris t iques« anachroniques e t irrationnelles», expliquent grandement l’apparition des croyances limitantes, sources de résistanc es et l’un  des« thèmes/obstacles» du Coaching.

Mon objectif  est, d’abord, d’attirer l’attention des coachs  (et de celles/ceux quis’intéressant à la« chose humaine») sur les conséquences des« irrationalités» (ou Biais) de notre cerveau. Et, ce faisant, espérer que nous puissions mettre en place des stratégies« d’auto-défense intellectuelles» (Noam Chomsky) à même de déjouer nos irrationnels« pièges de pensée». Biais et Coaching, sujet vaste et complexe, j’en suis conscient, mais que je m’efforcerai modestement

d’effleurer. Pour y parvenir, nous allons survoler le concept d’Heuristique et ses légitimes rejetons,les Biais Cognitifs.Puis, dans un deuxième temps,aborder quelques Biais accompagnés de possibles antidotes.Et, finalement, conclure avec quelques

réflexions sur un« coaching des croyances.».. Prévoyant une certaine longueur dans l’article, celui-ci sera étalé sur quelques numéros à déterminer au fur et à mesure de l’avancement des réflexions.

A- Au commencement, cétait le cerveau face à lenvironnement: LHeuristique.

1 ° – Cadre  évolutionniste: Foce à un environnement (heureusement!?) menaçant, notre si fragile cerveau a su développer de merveilleuses capacités d’adaptation,aidé en cela par des émotions variées,nous incitant à fuir, attaquer, jouir…, bref,  à vivre, survivre et nous reproduire. Cela a contribué à l’évolution de notre espèce et, dons une logique récursive et dialogique (Edgar Morin, in Belhodj, 2014), à l’évolution de ce cerveau qui,  tapi dans

son obscure boîte crânienne, présente de  si complexes et étonnantes caractéristiques, dont nous citerons :

• Sa connexion avec l’extérieur via les cinq sens avec leurs respectifs filtres et limites biologiques, limitant ainsi notre perception du monde.

• Linéaire, il ignore la négation (donnez-lui l’ordre de« ne pas s’imaginer un chien rouge». et vous verrez).

• Ne fait pas la différence entre la réalité et le mensonge (fausses informations) …

Paradoxalement limité et d’un potentiel quasi illimité, le cerveau doit  foire face  à un environnement changeant et menaçant pour assurer notre survie.

De nature curieux mois« paresseux », le cerveau a mis en place des « stratégies de survie » qui ont pour  finalité d’économiser du temps et de l’énergie. Autrement  dit, selon Buster Benson, notre cerveau est« programmé» pour foire face: ou trop plein informationnel, ou manque de sens, ou besoin d’agir vite et à la nécessité d’optimiser la mémorisation en vue d’actions futures. C’est ce que nous pourrons appeler  une« gestion utilitaire de l’information>>, base  du jugement et du raisonnement. Ces stratégies« automatiques » sont essentiellement inconscientes.

l’Heuristique intervient dans le cadre de cet ensemble de caractéristiques, de contraintes et de besoins de l’humain.

2°- Définition de l’heuristique: Selon Kahnemon et Tversky (1974), pères de l’Économie Comportementale, une heuristique est une« stratégie cognitive simplifiée utilisée pour  économiser du temps  et rendre plus simples les situations observées,et quipermet de faire des inférences acceptables pour l’individu, même si elles peuvent s’avérer fausses (non validée d’un point de vue logico-déductif) ».Explications :

a- l’heuristique est une« routine».ou raccourci cognitif, rapide et intuitif, source de nos connaissances  et croyances. le tout  résultant des expériences directes ou transmises, faites d’intuition, d’ essais/erreurs,  etc. Par exemple. la peur des prédateurs, l’importance du feu (quiréchauffe.brûle, illumine, protège…), l’eau de la rivière qui étanche notre soif et qui peut nous noyer, etc. sont des expériences et des émotions qui. en procédant par des généralisation et des omission, nous faisaient et nous font des économies de temps et d’énergie, construisant graduellement nos modèles mentaux et déterminant notre comportement.

b –   ‘heuristique, qui opére usuellement lorsqu’un problème semble complexe ou manquant d’informations (voir l’exemple du biais de corrélation illusoire plus loin), nous aide donc à penser plus rapidement et mieux  [en économisant un grand nombre de processus mentaux) et donc à prendre des décisions  agiles, préservant ainsi notre espèce de sopiens. C’est ce que Kahneman (2012) nomme Système 1. «pilotage automatique», celui de l’inconscient, de l’intuition,plus rapide et économe, par opposition au Système 2, plus rationnel, analytique, conscient mais lent et non économe en temps et énergie. Mais, pour Kahneman (2012), si ces raccourcis cognitifs [Système 1) sont utiles, souvent ils « conduisent à des erreurs sévères et systématiques.  »

3°- Le Biais, une heuristique anachronique: Aujourd’hui. ces mêmes heuristiques, ou plutôt certaines, sont devenues inadaptées aux sollicitations actuelles de  notre environnement, donc pouvant être considérées comme des sources potentielles d’erreurs  et d’illusions. Ces Heuristiques anachroniques sont appelées par les psychologues Kahnemon (prix Nobel d’Économie en 2002) et Tversky des«  Biais Cognitifs » (ou biais  psychologiques ou préjugés cognitifs). Pour ces  auteurs, ce concept explique certaines décisions irra t ionnelles dans  le domaine économique.

a- Un biais cognitif est une forme de pensée inconsciente quimet en œuvre de manière systématique des distorsions dans  le traitement de  l’information. En interprétant

l’information disponible de façon erronée et irrationnelle

et en donnant trop ou peu d’importance à certains éléments  informationnels, ces biais peuvent conduire à des  erreurs de perception, de raisonnement, d’évaluation, de jugement, d’attention, etc., ainsi qu’à des comportements ou à des décisions  inadaptées. le paradoxe dans certains biais (voir Biais de Confirmation, l’Illusion de Savoir…) c’est que nous utilisons ces raccourcis de pensée même en cas d’existence d’informations pouvant permettre une évaluation plus fiable, voire contradictoire.

b- Les biais, de par  leur  impact sur la formation des  croyances, les décisions (entrepreneuriales, politiques, etc.)  et les relations sociales, font l’objet  de nombreuses recherches dans les sciences cognitives, la psychologie cognitive et en psychologie sociale. Ces études ont permis  d’identifier des centaines de bia is cognitifs dans de nombreux domaines : mémorisation, perception,statistiques, logique, causalité, jugement, évaluation, raisonnement, attention…

L’étude de ces biais montre à quelpoint notre perception du monde, nos pensées  et nos comportements sont moins libres qu’on ne l’imagine.

c- Connaître les biais cognitifs permet de développer notre  pensée  critique (Baillargeon, 2006}, d’éviter de nous  tromper dans nos décisions, de résister  aux manipulations,de contrecarrer les croyances limitantes,

les pensées négatives … Un exemple typique de ce raccourci est le recours  à des stéréotypes (voir Effet de Halo). Juger quelqu’un sur la base d’une description stéréotypique du groupe auquel il appartient (ou supposé appartenir), peut être source d’erreur, voire de préjugé, car la personne peut  être peu  (ou pas) représentative du stéréotype. D ‘ où des réactions émotionnelles disproportionnées, sources de racisme et  autres discriminations et souffrances.

Avons-nous réellement besoin d’entretenir ces biais, sources de croyances limitantes, et ce faisant continuer à être  pris en otage dans  notre zone  de  confort ? Comment influencer positivement nos pensées et nos comportement afin de devenir acteur et auteur de notre destinée  ?

C’est à ces défis qu’essaient  de répondre les Sciences Humaines dans leurs différentes approches humanistes : laPsychologie Positive,Thérapie Cognitivo-Comportementale. la Gestalt, la Communication NonViolente, l’Intelligence Émotionnelle, la Programmation Neuro-Linguistique, l’Analyse Transactionnelle, la Pensée Systémique, etc  . et, partant, le  Coaching et d’autres métiers d’accompagnement (l Éducation.. .), voire la spiritualité, la méditation, etc.

Lors des  suivants numéros d’AIGLE, nous  citerons quelques exemples de Biais ainsi que des  pistes d’antidotes, préconisées, entre autres, par la Pensée Critique (Buster, Baillargeon…). En attendant, lisez, enquêtez, échangez, analysez, réfléchissez…

Au prochain Numéro.

M. BELHADJ Mohammed Rachid
Coach Professionnel certifié
Formateur & Consultant

Article du magazine « AIGLE » 2ème édition

L’article Heuristique et biais cognitifs au service du coaching est apparu en premier sur Horizon RH.

]]>
Heuristiques et Biais Cognitifs au service du Coaching https://www.horizonrh.ma/2020/07/27/heuristiques-et-biais-cognitifs-au-service-du-coaching-2/ Mon, 27 Jul 2020 12:29:42 +0000 https://www.horizonrh.ma/?p=2886 INTRODUCTION À LA PARTIE 2 Lors de cette introduction nous avions vu que notre cerveau, préoccupé par sa mission de survie,« paresseux et économe d’énergie », et notre biologie, limitée […]

L’article Heuristiques et Biais Cognitifs au service du Coaching est apparu en premier sur Horizon RH.

]]>
INTRODUCTION À LA PARTIE 2

Lors de cette introduction nous avions vu que notre cerveau, préoccupé par sa mission de survie,« paresseux et économe d’énergie », et notre biologie, limitée de nature, nous font percevoir l’environnement de façon simplifiée, anachronique, donc réductrice, ne faisant pas de distinction entre réalité et mensonge.Nous avions aussi survolé ce que Kahneman appelle les Systèmes de pensée 1 et 2, le premier, automatique et généralement inconscient, est considéré parmi les éléments « créateurs » et « renforçateurs » de nos croyances (ressources et limitantes). Le second étant conscient et analytique.

Nous avions également défini deux concepts importants :
D’abord, les Heuristiques, qui sont des raccourcis de pensée résultant de généralisations,sélections/omissions ou distorsions, mais qui témoignent toutefois de nos habilités, savoirs ou compétences. Ensuite, les Biais cognitifs qui, en tant qu’heuristiques « biaisées », peuvent être source dedéviation du jugement et d’irrationalité, donc d’erreurs. Nous avons vu également (voir Partie 1 : Besoin de Traiter l’Information) comment notre cerveau a tendance à ne retenir que certaines informations et à délaisser d’autres, ce qui a pour corollaire cette fâcheuse tendance, toujours inconsciente, à nous « auto-tromper » en faussant ou « manipulant » notre Base de Données Mémorielle.

À ce qui précède nous allons ajouter un autre problème, celui de chercher « désespérément » à donner du sens et des explications au monde qui nous entoure, au risque de procéder par des omissions et des généralisations, créer des distorsions, transformant ainsi l’énigme en irrationalité, aboutissant à des erreurs de jugement et de raisonnement. Ce besoin de créer du sens à « ce qui manque de sens» est l’objet du présent chapitre.

PARTIE 2 : BESOIN DE DONNER DU SENS

Le besoin de donner du sens au monde qui nous entoure, en créant une « certaine logique » dans le « chaos » et dans le «manque de sens du monde », est une des caractéristiques de l’homo sapiens. Cela contribue à modeler notre carte du monde et, in fine, nos représentations sociales.

A- Ces filtres cognitifs sont censés répondre à quels besoins ?

À nous rassurer en nous faisant miroiter ce qui est « connu », « rassurant », « déresponsabilisant »,« désangoissant », bref, « sensé » C’est-à-dire, répondre à nos besoins de sécurité et de contrôle, etc.

B- Comment procède notre cerveau et à travers de quels biais ?

Plusieurs voies « biaisées » et, souvent, en interconnexion, conduisent aux erreurs de jugement et/ou de raisonnement.Citons pour l’exemple les voies arbitraires suivantes :

1°- Soit en reliant des bouts d’informations, en comblant les vides, en établissant artificiellement des liens… Exemples de biais : Corrélation Illusoire, Illusion des Séries, l’Effet Barnum, Illusion de Contrôle…

2°- Et/Soit croire savoir ce que les autres pensent. Exemples de Biais : Lecture de Pensée, Illusion de Connaissance Asymétrique, Biais de Faux Consensus, etc.

3°- Et/Soit en cherchant des attributions ou des liens de causalité, dans une logique linéaire de cause/effet, et « trouver» des origines/sources aux défis de l’environnement. Exemples de biais : l’Attribution Causale, l’Erreur Fondamentale d’Attribution, Halo, etc

4°- Et/Soit en se remettant à une autorité supérieure (référent) censée nous montrer la voie du sens/interprétation, à travers des réponses censées combler notre ignorance… Exemples de Biais : Biais de l’Autorité, Conformisme, Croire en un Monde Juste, etc.

– Et/Soit, tout simplement, rechercher une stabilité, un confort. Exemples biais : Illusion de Savoir, Normalité, Statu Quo, Optimisme, etc

C- Conséquences de ces biais sur notre Carte du Monde :

des croyances limitantes (et généralement anachroniques) ayant pour corollaires des erreurs de jugement et/ou de raisonnement, des stéréotypes, des conflits, des erreurs de décision et d’estimation, etc.
Examinons certaines catégories de ces biais :

1°- DONNER DU SENS À L’ALÉATOIRE

Pour alimenter notre carte du monde nous en « voyons » » dans ces informations éparses de l’environnement, des corrélations « causales », des formes, des histoires, des images, des répétitions, des significations, des motifs, quitte à en voir là où il n’y en a pas, faussant ainsi notre mémoire et nos souvenirs (notre « base de données »). L’important pour notre cerveau c’est de trouver, dans ce « chaos du monde », une cohérence rassurante même si erronée, quitte à ce que, plus tard, l’individu confonde réalité et illusions. Voici quelques exemples de biais qui contribuent à ces constructions illusoires :

1.1- Le Biais de Corrélation Illusoire :

Ce biais, assez commun, crée une association arbitraire entre deux variables sans rapports entre elles. Cette perception d’une relation entre deux événements non reliés entre eux est une illusion de corrélation qui entraîne une erreur de jugement, donc de décision. Exemple 1 : Associer « être en retard » avec « les feux de signalisation qui se sont donné le mot pour rester rouges », ou entre « examen réussi » et rédigé avec « son stylo fétiche ». Exemple 2 : Il y a aussi une autre variante, c’est l’illusion post hoc, ergo propter hoc (« à la suite de cela, donc à cause de cela ») qui prétend qu’une relation est causale (relation cause/effet) pour le simple fait qu’une variable suit une autre, « comme si le chant du coq provoquait le lever du soleil. »

Explication : Le cerveau, par besoin de savoir pour sécuriser, refuse les coïncidences ou le hasard, crée-par association- de fausses mises en relation car il préfère relever (très souvent inconsciemment) ce qui va dans le sens de nos hypothèses ou croyances plutôt que ce qui va à leur encontre. À terme, cela conduit à un renforcement de ces illusions. Ces corrélations illusoires jouent aussi un rôle clé dans la formation des superstitions et constituent l’ossature de la pensée magique (Belhadj, 2014). Remarques : À faire le lien avec le Biais de Confirmation, l’Illusion de Contrôle et le Biais d’Attribution Causale. Antidote : Connaître l’existence de ce phénomène nous permet d’éviter de tomber dans des raisonnements absurdes, ou dans des jeux psychologiques récurrents. Pour ce faire, il faut accepter de discuter les opinions différentes, à travers de feedbacks, des 360°, etc.

1.2- Illusion des Séries :

C’est l’intuition que des événements aléatoires arrivant à la suite les uns des autres ne sont pas vraiment aléatoires. L’illusion est due à la pensée sélective fondée sur une supposition fausse. Or ces modèles ne correspondent plus à notre réalité présente malgré la similarité des schémas. Exemple : Après quelques tentatives, un sourcier peut réussir en faisant mieux que le hasard. Néanmoins, ces résultats n’impliquent pas que de tels résultats ne soient pas dus au hasard.

Explication : Cette illusion est causée par une tendance humaine à sous-estimer la quantité de variables susceptibles d’apparaître dans un petit échantillon de données aléatoires ou semi-aléatoires (Kahneman, 2012). Par exemple : un bruit dans l’obscurité peut être dû à un prédateur… mais aussi dû au vent. Ce type de biais peut conduire également à voir des conspirations partout (théories de complot). Antidote : Outre les pistes d’antidote concernant le Biais de Corrélation Illusoire et l’Illusion de Contrôle, l’individu doit prendre consciences de la différence entre la logique intuitive (Système 1 : automatique) et la logique probabiliste et statistiques (Système 2 : consciente).

1.3- L’Effet Barnum :

Tendance qui consiste pour un individu à accepter une vague description de la personnalité comme s’appliquant spécifiquement à soi-même. Cette description générale (ou illusion de soi), est celle que créent les horoscopes, numérologues, astrologues, mentalistes, graphologues, médiums ou autres charlatans… qui jouent sur ce phénomène pour manipuler les esprits. C’est aussi le cas des nombreux tests de personnalité publiés dans les journaux. Exemple : Voici un texte d’assertions tiré des horoscopes : « Vous avez besoin que les autres vous apprécient et vous admirent, et vous êtes enclin à être critique envers vous-mêmes. Bien que vous ayez quelques faiblesses de personnalité, vous êtes généralement capable de compenser ces dernières. Vous n’utilisez pas assez le potentiel considérable que vous avez.» Ces assertions peuvent s’appliquer à n’importe qui (Baillargeon, 2006). Explication : L’Effet Barnum obéit à un processus constant de construction de la représentation desoi-même. Il se retrouverait davantage chez les personnes qui ont un grand besoin de reconnaissance… Antitode : L’individu doit faire preuve de scepticisme et d’esprit rationnel..

1.4- Illusion de contrôle

C’est la tendance à croire que nous avons plus de contrôle sur une situation que nous n’en avons réellement. Exemple : Le recours aux objets porte bonheur (gris-gris…). Explication : Le contrôle est avant tout un mécanisme de défense qui exprime un besoin de protection émotionnelle. Cette position préventive de tension permanente peut conduire au Burnout. Remarques : Variante du Biais de Corrélation Illusoire et du Biais du Risque Zéro, nous pouvons assimiler ce biais à la pensée magique (Belhadj, 2014). Antidote : Accompagner dans la prise de conscience (feedbacks, 360°…) et le lâcher-prise.

La suite de la partie 2 dans le numéro prochain.

En attendant, cherchez, lisez et analysez dans un esprit critique !

M. BELHADJ Mohammed Rachid
Coach Professionnel certifié
Formateur & Consultant

Article du magazine « AIGLE » 5ème édition

L’article Heuristiques et Biais Cognitifs au service du Coaching est apparu en premier sur Horizon RH.

]]>
HEURISTIQUES ET BIAIS COGNITIFS AU SERVICE DU COACHING https://www.horizonrh.ma/2020/06/04/tendance-a-confirmer-ou-renforcer-nos-propres-croyances/ Thu, 04 Jun 2020 14:45:36 +0000 https://www.horizonrh.ma/?p=2420 PARTIE 1 : BESOIN DE TRAITER LE TROP-PLEIN D’INFORMATIONS (SUITE) Dans le numéro antérieur de notre revue AIGLE 3 , nous avons vu quelques biais qui avaient la « fâcheuse […]

L’article HEURISTIQUES ET BIAIS COGNITIFS AU SERVICE DU COACHING est apparu en premier sur Horizon RH.

]]>
PARTIE 1 : BESOIN DE TRAITER LE TROP-PLEIN D’INFORMATIONS (SUITE)

Dans le numéro antérieur de notre revue AIGLE 3 , nous avons vu quelques biais qui avaient la « fâcheuse » tendance à ne retenir que certaines informations et délaisser d’autres. Il s’agit des biais suivants le Biais de Disponibilité, l’Illusion de Fréquence, l’Effet de Simple Exposition, l’Effet de Vérité et le Biais d’Ancrage.
À la fin de l’article, nous nous posions la question suivante : Comment se fait-il que nous, êtres « rationnels », voire « experts », nous nous laissions tromper (autotromperie), souvent même après notre prise de conscience ?
C’est le rôle de certains biais (dont Biais de Confirmation, la Dissonance Cognitive et le Biais de la Tache Aveugle, ci-dessous) qui fonctionnent comme des mécanismes « confirmatifs » et/ou « renforçateurs », contribuant grandement à notre cercle vicieux situationnel. C’est l’objet de cette sous partie 2 de la partie 1.

SOUS PARTIE 2- TENDANCE À CONFIRMER OU RENFORCER NOS PROPRES CROYANCES.

Dans un souci de cohérence, notre mémoire est attirée par les détails qui confirment (ou renforcent) nos propres croyances présentes. Ce qui a pour corollaire logique d’ignorer toutes les informations qui contredisent nos croyances, voire à en créer d’autres. Il y a des dizaines de ces biais. Nous en citerons trois.

2.1- Biais de Confirmation
(ou Biais de Confirmation d’Hypothèse) : Ce biais, l’un des plus connus des Heuristiques de Raisonnement (Kahneman, 2012), agit sur notre façon de percevoir et de raisonner. C’est une tendance qui ne prend en considération que les informations qui confirment (ou confortent) nos hypothèses. Cette tendance à sélectionner uniquement les information qui confirment des croyances ou des idées préexistantes (ou interprétations), peut nous pousser corollairement à ignorer, ou réinterpréter, toutes les données qui n’appartiennent pas à notre cadre de référence ou qui le contredisent. La réalité est alors biaisée, sur le plan de la perception et de la valorisation, afin qu’elle corresponde à nos idées préconçues. C’est ce qui rend nos croyances auto-confirmantes. Et « Nous croyons ce que nous voulons croire.»
Exemple 1: Nous aimons être d’accord avec les gens qui sont d’accord avec nous.
Exemple 2 : Dans les médias on ne lit pas les journaux en quête d’information, mais ceux qui confirment nos croyances, et nous pensons après que les « faits » nous donnent raison !
Exemple 3 : La difficulté d’avoir une conversation intelligente entre la gauche et le droite. En effet, même devant des preuves contraires, les parties antagonistes campent sur leur position, avec de minimes ajustements.
Exemple 4 : En entreprise, les décideurs, lors du lancement d’un produit, auraient tendance à vouloir poursuivre les investissements même lorsque les signaux sont au rouge.
Exemple 5 : Lors d’un recrutement nous risquons d’être impressionnés par un diplôme prestigieux négligeant du coup le manque d’expérience du candidat. Ici le Biais de Confirmation est renforcé par un autre biais, le Biais de Halo que nous verrons ultérieurement.

Ce biais est l’un des biais cognitifs les plus courants, mais aussi les plus trompeurs, voire dangereux de par ses conséquences. Il est encore plus prononcé dans des contextes idéologiques, politiques ou dans les contexte sociaux chargés d’émotions.

Les chercheurs psychologues de l’Économie Comportementale et de la Rationalité Limitée se posent la question de savoir « pourquoi avons-nous tant de mal à accepter toute information qui contredit nos idées ? » La difficulté viendrait du fait qu’il est très difficile à éviter si l’on est inconscient de son existence.
D’où la complexité de sa résolution.

Dans ce cas, comment prendre conscience ou se remettre en question, alors que « nous nous considérons comme des gens rationnels » ? Pourquoi notre manière d’assimiler l’information est extrêmement biaisée ? Et comment expliquer que nos croyances perdurent même face à des preuves évidentes?
Une explication : le besoin d’économie d’énergie et de cohérence : Mohajer (2015) rappelle que l’acceptation des informations confirmatives est « facile et demande peu d’énergie » alors, par souci d’économie, notre cerveau fera en sorte d’interpréter la preuve et la biaiser. Car réévaluer en permanence notre façon de voir les choses demanderait trop d’efforts (système 2), du coup nous préférons la renforcer par commodité (système 1, automatique et intuitif).

Concrètement, notre cerveau nous pousse donc à prendre des décisions et à les justifier de manière à rester cohérent par rapport aux choix que nous avons fait, ou par rapport à nos convictions. C’est le rôle « justificatif » de la Dissonance Cognitive (vo ci-dessous) qui interprète (ou réinterprète) une situation dissonante pour en éliminer les contradictions et rétablir une cohérence.

Deux autres biais y sont associés : la Perception Sélective (interpréter de manière sélective des informations en fonction de sa propre expérience) et le Biais de Disponibilité (ci-dessus).

Antidote : Pour sortir du cercle vicieux de cette « boîte confirmatoire », les psychologues cognitivistes préconisent de chercher les preuves du contraire Autrement dit, s’amuser à faire « comme si », en considérant comme vraies les informations qui nous semblent inadaptées, puis imaginer ce que serait la réalité vue sous cet angle « incongru »…
En effet, jouer l’avocat du diable c’est un peu jouer, dans le domaine de l’épistémologie, au critère de la réfutabilité de Karl Popper, critère qui permet de distinguer les champs de la recherche scientifique et les champs des croyances. Ce qui n’exempt pas non plus les scientifiques de tomber dans le piège du Biais de Confirmation, du Biais de la Dissonance Cognitive ou de celui de la Tache Aveugle.

2.2- Dissonance Cognitive (ou biais de l’Atténuation de la DC)
Ou autotromperie. Vous êtes-vous déjà senti mal dans votre peau parce que vous avez fait quelque chose qui va à l’encontre de vos croyances, de vos valeurs ou d’un engagement de faire ou ne pas faire ?
Conséquence : vous avez été dans un état psychologique d’incohérence et partagés entre deux pôles en conflit. Vous avez connu une situation de Dissonance Cognitive (DC). Cette dissonance est la conséquence d’informations simultanées et incompatibles entre elles, qui provoquent un état de tension désagréable, altérant ainsi notre harmonie mentale, nous incitant à rechercher l’état inverse, celui d’une « consonance positive » (Festinger, 1957).

La dissonance (entre deux idées ou la contradiction entre le comportement et les convictions, entre ce qui est et ce qui devrait être, etc.) amène la personne à mettre en oeuvre des stratégies visant à restaurer un équilibre cognitif : changer une ou plusieurs croyances, discréditer certaines informations, rechercher de nouvelles informations… Quelques
exemples :

  • Exemple 1 : Le phénomène d’incongruence bien connu du coach qui, lorsqu’il confronte son coaché en lui faisant remarquer son manque d’alignement, ce dernier essaie de se justifier en réinterprétant ou en rationalisant la situation.
  • Exemple 2 : L’effet placebo serait une conséquence d’un état de dissonance cognitive, dans la mesure où un patient, après des traitements lourds et couteux, mais sans résultats, refusant que son investissement soit totalement inutile, rechercherait en lui des signes d’amélioration de sa santé, afin de réduire la dissonance.
  • Exemple 3 : « J’ai dépensé un mois de salaire pour acheter le denier Smartphone. Mais il ne tient pas la charge. Mais bon, il a plein d’applications qui sont utiles. »
  • Autres exemples : ceux qui persistent dans une relation toxique, ceux qui s’accrochent à un travail démotivant, ceux qui négligent leur santé (fumeurs), etc.

En effet, nous avons tendance à vouloir garder une cohérence entre toutes nos attitudes, croyances et préférences, cherchant ainsi à éviter (sinon à éliminer) constamment toute contradiction, tout conflit interne (incongruence…). Cette atténuation de la dissonance répond à un double besoin de cohérence : se convaincre et se justifier à ses propres yeux (autotromperie), et convaincre et se justifier aux yeux des autres de ses actes et comportements. En effet, selon Festinger, le père de la Théorie de la DC, ce n’est pas la logique qui motive la recherche de cette cohérence mais le besoin de justifier le comportement ou les croyances. Pour Festinger (1957), nous ne sommes donc pas des êtres « rationnels » mais des êtres « rationalisateurs » à la recherche du bien-être psychologique.

La stratégie « résolutoire » de la « dissonance » répond à un besoin systémique, celui de l’homéostasie ou de retour à l’équilibre du système. Selon Festinger, la diminution de la dissonance peut être obtenue de trois manières, diminution qu’il illustre par l’exemple de la dissonance entre les
attitudes et comportements suivants (Wikipédia) :
Attitude : Je vais commencer un régime et je dois éviter les aliments gras

Comportement : la personne mange un beignet ou un autre aliment
gras.

A- Changement du comportement/de la cognition et respect de l’attitude. Par exemple : arrêter de manger des beignets.
B- Justifier un comportement/une cognition en aménageant la cognition conflictuelle. Par exemple : Je suis autorisé à tricher de temps en temps .
C- Justifier son comportement/sa cognition en ajoutant de nouvelles cognitions. Par exemple : Je ferai 30 minutes de sport en plus, pour compenser.
Antidote : Les croyances limitantes, surtout celles partagées par un groupe (en entreprise, secte, parti politique, etc.), deviennent des vérités qui ne peuvent être remises en question. Ce sont celles qui posent le plus de problèmes aux coachs. C’est pourquoi, lorsque des faits vont à l’encontre de ces croyances, il est contreproductif de les combattre directement (voir plus loin le Biais Effet Boomerang). Dans ce cas il est plus efficace d’engager un dialogue qui déboucherait sur une prise de conscience, afin de sortir graduellement du déni, que de provoquer sciemment une dissonance cognitive dommageable chez un interlocuteur.

Bref, ce Biais donne de la cohérence aux mécanismes de rationalisation (sous forme de « confirmation et/ou renforcement ») des Biais Cognitifs ci-dessus, et contribue également à leur donner du sens, comme nous le verrons plus tard.

2.3- Biais (ou préjugé) de la Tache Aveugle (ou Blind Spot ou angle mort)
Le fait de ne pas réussir à identifier ses propres biais (de jugement ou de décision), ou travers, et ce aux dépens d’informations plus objectives, est un biais en lui-même. Les gens en général ont tendance à bien mieux identifier les biais cognitifs et motivationnels chez les autres que chez eux-mêmes. Autrement dit, ce préjugé nous laisse croire que nous sommes plus objectifs et moins sujets aux différents biais que les autres personnes (Pronin et Kugler, 2007). Biais qui nous « autorise » à porter des jugements.

Exemple : Généralement nous pensons que nous sommes au-dessus de la moyenne en ce qui concerne les qualités positives que nous apprécions le plus. Par exemple, si nous pensons que la sincérité ou la justice sont des valeurs essentielles, nous croirons que nous sommes plus sincères et plus justes que la plupart des gens.

Cependant, dès qu’il y a une divergence entre ce que l’autre pense (ou perçoit) et ce que nous pensons (ou percevons), nous supposons que nous avons raison et en déduisons que l’autre est moins objectif et rationnel.
Cette autotromperie s’expliquerait par le fait qu’elle nous permet également de nous évaluer sous un jour plus favorable qui renforce notre estime de soi avec, comme «dégât collatéral », reléguer les autres dans la zone aveugle (ce sont les autres qui se trompent. ) et créons et raffermissons notre zone de confort. Et ce faisant, nous évitons l’apparition d’une dissonance cognitive, qui nous forcerait à faire un travail d’introspection nécessaire pour changer certaines de nos idées, perceptions ou croyances.

Antidote : Pistes pour un auto-questionnement : Il est important de distinguer le vrai du faux, le plausible de l’improbable, tout en se méfiant de notre mémoire, des premières impressions et de leurs conséquences : les préjugés et les croyances excluantes. Pour ce faire nous pouvons et devons questionner systématiquement nos croyances : D’où viennent-elles ? Quels sont les faits objectifs qui les étayent ? Et si nous recourons à des contre-exemples provenant hors de notre entourage ? Car nos croyances peuvent être justes et utiles dans un certain contexte, et fausses, voire limitantes, dans un autre.

Ce mécanisme d’exclusion, parce qu’il brise tout pont avec les autres, nous empêche de « grandir », ce qui est exactement ce dont nous avons besoin pour élargir nos horizons. Pour ce faire, une dose d’humilité intellectuelle est nécessaire car nous ne sommes pas meilleurs ou pires, et, comme les autres, nos pensées et comportements sont biaisés dans différents aspects de notre vie.

Soyons donc indulgents avec nous-mêmes et les autres, et élargissons notre cadre de référence, en nous posant la question : « Et si l’inverse était tout aussi vrai ? »

Au prochain article sur les biais répondant aux besoins de donner du sens au monde qui nous entoure.

M. Mohamed Rachid BELHADJ
Coach Professionnel certifié
Formateur & Consultant

Article du magazine « AIGLE » 4ème édition

L’article HEURISTIQUES ET BIAIS COGNITIFS AU SERVICE DU COACHING est apparu en premier sur Horizon RH.

]]>
Heuristiques et biais cognitifs au service du Coaching https://www.horizonrh.ma/2020/06/03/heuristiques-et-biais-cognitifs-au-service-du-coaching/ Wed, 03 Jun 2020 17:05:17 +0000 https://www.horizonrh.ma/?p=2386 Nous avons vu dans le numéro précédent (Introduction aux Biais Cognitifs) que, devant la complexité du monde réel, l’être humain, malgré (ou grâce à) ses capacités biologiques et intellectuelles limitées, […]

L’article Heuristiques et biais cognitifs au service du Coaching est apparu en premier sur Horizon RH.

]]>
Nous avons vu dans le numéro précédent (Introduction aux Biais Cognitifs) que, devant la complexité du monde réel, l’être humain, malgré (ou grâce à) ses capacités biologiques et intellectuelles limitées, perçoit l’environnement comme un modèle simplifié, source de raisonnements et de jugements, donc de décisions et de comportements, généralement adaptés (dits heuristiques) et des fois inadaptés (dits biais cognitifs), donc source d’erreur. Ce sont des raccourcis de pensée qui nous aident intuitivement et automatiquement à décider : fuir, attaquer, choisir… Ce modèle simplifié de pensée, essentiellement inconscient, que Kahneman (2012) appelle Système 1, est donc à la base de la plupart de nos croyances (ressources et limitantes), impactant par conséquent nos comportements. Et si certains de ces biais automatiques peuvent être efficaces dans un milieu naturel (ou « archaïque »), ils peuvent se révéler inadaptés dans un milieu « artificiel moderne », provoquant des anachronismes de pensée et de comportement.  Exemple : le biais de négativité qui nous fait voir le côté « négatif » plutôt que le côté « positif » des choses, biais que nous développerons plus loin, a permis à notre espèce de survivre, mais actuellement risque d’être handicapant.

En résumé, le Biais cognitif (ou raccourci de la pensée) est une heuristique « biaisée » qui – tout en témoignant de nos habilités, savoirs ou compétences-, peut être source de déviation du jugement et du raisonnement.

Pour étayer mes propos, et montrer par là le rôle du coaching en relation avec ces modèles de pensée, j’ai suivi la classification (librement revisitée) de Benson Buster, et n’ai repris succinctement que quelques Biais sur environ 200 déjà recensés. Nous découvrirons que ces biais peuvent donner lieu à des manipulations (la publicité, par exemple), à des préjugés, à des stéréotypes, des distorsions et autres erreurs et croyances limitantes. Bref, nous découvrirons que notre cerveau nous trompe !

Partie 1 :Le BESOIN DE TRAITER LE TROP-PLEIN D’INFORMATIONS

Devant la profusion des informations perçues, notre cerveau trie et filtre. Il y arrive par l’intermédiaire des raccourcis cognitifs (les heuristiques) et nos modèles mentaux, nous économisant ainsi du temps et de l’énergie. Pour ce faire, il recourt à des stratégies pour choisir les informations (ou bouts d’informations), qu’il considère « utiles et utilisables », et que souvent il les surestime. Alors, comment procède notre mémoire pour juger ce qu’elle doit sélectionner comme information avec ce que cela impliquerait comme erreur de jugement et/ou de raisonnement ou manque d’objectivité ? Pour illustrer ce qui précède, nous citerons dans ce chapitre les quelques Biais suivants :

1- La tendance à retenir ce qui est récemment mémorisé ou souvent répété, et délaisser le reste : le Biais de Disponibilité, l’Illusion de Fréquence,  l’Effet de Simple Exposition, l’Effet de Vérité et le Biais d’Ancrage.

2- La tendance à confirmer ou à renforcer nos propres croyances ou à ne pas voir ses propres biais : le Biais de Confirmation, la Dissonance Cognitive et le Biais de la Tache Aveugle.

Sous-Partie 1:La tendance à retenir ce qui est récemment mémorisé (ou souvent répété) et délaisser le reste.

Elle ne manquera pas d’impacter notre capacité de raisonner et/ou de juger et/ou de décider. Parmi les nombreuses heuristiques d’attention et de biais informationnels qui en découlent nous citerons les cinq biais suivants :

1.1- Biais (ou heuristique) de Disponibilité : C’est une extrapolation à partir d’informations qui nous ont le plus impactés ou de souvenirs les plus récents. Ainsi, plus un événement est accessible et plus il semblera fréquent et probable, plus une information est vivante et plus elle sera convaincante et facile de s’en souvenir, et plus quelque chose devient évidente et plus elle apparaîtra causale. Kahneman (2012) considère ces informations immédiatement disponibles en mémoire comme un « processus qui consiste à juger la fréquence par la facilité avec laquelle des exemples viennent à l’esprit. » Quelques exemples inspirés de Kahneman :

  • Exemple 1: Lors du retard du train, on ne parle pas de ceux qui arrivent à l’heure. L’exception devient alors la règle !
  • Exemple 2 : Penser que fumer n’est pas dangereux pour la santé uniquement parce qu’une personne ayant vécu jusqu’à 100 ans fumait trois paquets par jour, en oubliant que peut-être cette personne était un cas atypique.
  • Exemple 3 : Ne pas éprouver le besoin de se vacciner contre la grippe parce que « personne de notre connaissance ne l’a eue l’année dernière. »
  • Exemple 4 : « Au sein d’une équipe, chacun a souvent le sentiment d’avoir fait plus que sa part et a aussi l’impression que les autres ne lui sont pas assez reconnaissants de sa contribution individuelle. » On se souvient donc de ses propres efforts « avec plus de clarté que de ceux de l’autre. » Distorsion souvent source de conflits au sein des couples.

Conséquences ? Cette erreur de jugement est une aubaine pour le marketing ! Comment ? Quand vous allez à un supermarché, vous analysez rationnellement les avantages et les inconvénients de tous les produits ? D’où le processus inconscient de substitution de la question : “Quel est le meilleur produit (ou service) pour moi ? » par « quel est le meilleur produit (ou service) que je connais ? »

Ces exemples montrent non seulement le rôle des émotions dans la « fixations » des souvenirs, mais également comment l’environnement, profitant de notre « paresse cérébrale », peut créer en nous des souvenirs…

Antidote : Cas de la prise de décision :La prise de conscience permet déjà un gain de temps, ce qui permettra à l’interlocuteur d’analyser la situation et, partant, sa résolution. En effet, la réponse la plus pertinente n’est pas nécessairement celle qui nous vient en premier à l’esprit, même si notre intuition se réalise des fois.

À noter que ce Biais de Disponibilité (BC) va de pair avec le Biais de Confirmation (voir ci-dessous). Il est à rapprocher, entre autres, des bais suivants : Illusion de Fréquence (ou le phénomène de Baader-Meinhof), Effet de Simple Exposition et l’Effet de Vérité, avec lesquels le BC est soit en relation de « contamination » mutuelle, soit en relation de « renforcement », soit sous forme de variante (Illusion de Fréquence) comme nous verrons progressivement au fur et à mesure de l’avancement de cette présentation.

1.2- Illusion de fréquence (ou Phénomène de Baader-Meinhof) : Ce phénomène survient lorsqu’une personne, après avoir pris connaissance pour la première fois d’un fait, d’un mot, d’un phénomène ou toute autre chose (souvent étrange ou curieuse), rencontre à nouveau, parfois à plusieurs reprises, cette même chose peu de temps après sa découverte. Cette illusion, statistiquement peu probable, est due en réalité à notre façon de la percevoir. Ce phénomène est renforcé par deux biais : l’Attention Sélective et le Biais de Confirmation.

Antidote : La prise de conscience, en introduisant une dose de doute, nous permet de prendre du recul pour examiner la situation avec plus d’objectivité et d’esprit critique. 

À noter que cephénomène peut se rapprocher du phénomène de « déjà-vu » (ou paramnésie). À relier avec le Biais de Vérité et au Synchronisme (que nous verrons plus tard).

1.3- Effet de simple exposition (ou effet d’exposition) : À force d’être préalablement exposé, de façon répétitive, à un stimulus (une image, quelqu’un, une idée, un produit, un lieu…) celui-ci devient plus positif à nos yeux et on finit par l’intégrer dans notre esprit en tant que premier choix par défaut. Ce stimulus répétitif est inconsciemment interprété par notre Système 1 (intuitif et automatique) comme un signe de sécurité, lui accordant donc plus de valeur. Cette exposition est de nature à altérer notre jugement, voire nos décisions. C’est l’un des nombreux biais sur lesquels s’appuie également la publicité. Exemple : toujours acheter le même type de café moulu par la pub. En effet, lorsque nous n’avons pas la capacité de trouver d’autres alternatives, nous nous rabattons sur ce que nous connaissons.

L’antidote : Examiner quels sont les autres choix possibles dans notre entourage et s’interroger sur le choix que l’on adopterait si nous sommes confrontés à d’autres options, fussent-elles contradictoires !

1.4- Effet de Vérité (aussi connu comme l’effet de validité, l’effet de vérité illusoire ou l’effet de réitération) : C’est la tendance à croire que l’information est correcte après une exposition répétée. La répétition rend les déclarations plus faciles à traiter par rapport à de nouvelles déclarations non répétées, ce qui conduit les gens à croire que la conclusion répétée est « plus vraie », et ce indépendamment de notre profil cognitif particulier Exemple : les fake news, le mensonge, le matraquage publicitaire, la propagande politique, etc. Comme si la répétition créait la vérité !

Ce biais vise les émotions afin de pousser les personnes à croire qu’une affirmation répétée à satiété est plus susceptible d’être vraie ou acceptée comme vérité. Cette technique fallacieuse est largement utilisée en politique, où les slogans finissent par devenir une « vérité » mobilisatrice.

Ce biais est d’autant plus important qu’il est à la base de nombreuses croyances limitantes.  Croyances que le coach doit identifier pour établir une stratégie d’accompagnement de son coaché afin venir à bout des obstacles qui s’érigent sur son chemin de développement.

Des psychologues allemands (Ralph Hertwig, Gerd Gigerenzer et Ulrich Hoffrage, 1997), spécialistes de la rationalité limitée et des heuristiques de jugement, ont montré que la familiarité peut dominer la rationalité et qu’entendre de façon répétée qu’un certain fait est faux peut affecter les croyances de l’auditeur. Kahneman affirme que « la familiarité d’une partie de la déclaration suffit à conférer une impression de familiarité, et par conséquent de véracité, à l’ensemble de la proposition » !

À noter que l’Effet de Vérité est également lié au Biais Rétrospectif, qui est la tendance à réinterpréter rétrospectivement un événement.

Antidote. Se documenter largement et chercher d’autres options. Le Métamodèle de la PNL peut servir de référentiel au coach.

1.5- Le Biais d’Ancrage (Effet d’ancrage ou ancrage mental ou effet de focus) : Dans un contexte donné, les individus ont tendance à utiliser, de façon indue, la première information reçue (ou impression) comme référence, c’est le point d’ancrage.

Cette première impression (chiffre, fait, émotion, produit, personne, etc.) servira pour juger les informations postérieures, voire à les négliger, surtout si elles viennent la contredire. Cela nous empêche d’étudier, sur le même pied d’égalité, les autres options ou nous enferme dans la peau d’un « personnage ». L’ancrage risque de se renforcer avec le temps, ce qui le rendra difficile à modifier. Exemple : le professeur pourrait surestimer ou sous-estimer un élève au début de l’année et en être influencé lors des notes (sévères ou indulgentes) postérieures.

Utilisation : Ce biais peut intervenir dans les négociations, les soldes des magasins ou les menus de restaurants. Il peut être suscité (« ancré ») chez les autres par exemple lors d’une négociation dès qu’on fait une première offre.

L’antidote : Pour éviter ce biais, il faut éviter de se focaliser sur un seul point de référence. Pour ce faire, il faut recueillir sur un sujet donné d’autres « premières impressions » provenant de différentes sources pour désactiver son propre ancrage. Ou bien, dans le cas d’achat/vente d’un biais immobilier par exemple, établir à l’avance un intervalle de prix, avec une valeur haute et une valeur basse et s’y tenir. Dans ce cadre passer à l’étape de l’écrit (dresser liste des « pour » et des « contre ») peut, lors des décisions, s’avérer très utile surtout pour la prise de recul que cela implique.

Conclusion sur la mémorisation sélective :

a- Rester vigilant pour notre cerveau (Système 2 de Kahneman) est fastidieux, mais écouter sa « paresse » et ne pas se donner les moyens d’éviter nos erreurs (Système 1) peut être très coûteux. D’où la nécessité de « réveiller » notre Système 2 pour détecter et analyser les erreurs, nos auto-duperies et examiner d’autres éventualités. Pour cela nous devons nous inspirer de la pensée critique et nous entrainer à introduire une dose salutaire de doute méthodique dans notre esprit.

b- Le coach, pour aider son coaché à déjouer les pièges des biais cognitifs, doit d’abord les détecter (les siens et ceux de son client) ainsi que les erreurs de jugements consécutives. Le coach peut recourir, par exemple, aux Métamodèles de la PNL et aux 14 Patterns d’influence de Robert Dilts.

Mais, au préalable, vous vous demanderez comment se fait-il que nous, êtres « rationnels », voire « experts », nous nous laissions tromper, souvent même après notre prise de conscience ? C’est le rôle, entre autres, de certains biais (Biais de Confirmation, la Dissonance Cognitive et le Biais de la Tache Aveugle, ci-dessous) qui fonctionnent comme des mécanismes « confirmatifs » et/ou « renforçateurs », contribuant grandement à notre cercle vicieux situationnel.

C’est ce que nous verrons au prochain numéro de Aigle 4 (sous-partie 2).

En attendant : Observez-vous, lisez, écrivez vos impressions, doutez, critiquez, argumentez… et posez-vous la question suivante : « Quelles sont mes croyances limitantes ? »

M. Mohamed Rachid BELHADJ
Coach Professionnel certifié
Formateur & Consultant

Article du magazine « AIGLE » 3ème édition

L’article Heuristiques et biais cognitifs au service du Coaching est apparu en premier sur Horizon RH.

]]>